Entre Bulgari, Smeers et Madagascar

EGGERICX,LAURE

Plus de 500 lots, avec une majorité de tableaux, mais aussi des bagues à gogo, des Keramis, et même de l'art premier, à l'hôtel de ventes Horta, ces 14 et 15 novembre.

La vente de novembre de l'hôtel Horta compte 87 bijoux, dont une majorité de bagues à des prix oscillant entre quelques centaines d'euros (500/ 600 euros pour une bague en or blanc agrémentée de brillants pour +/- 1,30 carat) à plusieurs milliers d'euros comme cette bague en or blanc agrémentée d'un saphir de Ceylan et de deux diamants taille baguette (estimation 10.000/12.000 euros).

On note aussi quelques bijoux ethniques, plusieurs montres (dont une très jolie montre-bracelet de dame « complet or jaune » à enroulement de marque Bulgari, estimée 7.000/8.000 euros). Les amateurs ne manqueront pas cette parure en or jaune 18 carats agrémentée de camées du début du XIXe siècle, se composant d'une paire de boucles d'oreilles, d'un collier, d'une broche et d'un bracelet (estimation 9.000/ 10.000 euros). Parmi les objets bien de chez nous, on citera quatre vases Keramis dont l'un est repris dans le catalogue raisonné de Marc Pairon. Il s'agit d'un vase en grès émaillé au décor de pieuvre. Cette belle pièce, signée en creux, identifiée et répertoriée du point de vue tant de la forme que du décor, porte une estimation de 12.000/15.000 euros, alors que les trois autres ne dépassent pas 1.500 euros/pièce. Cette différence de prix découle d'une série de critères définis dans l'inventaire que Pairon a dressé de la vaste production Keramis à la Louvière. Cet ouvrage de plus de 700 pages constitue un outil indispensable pour celui qui veut jeter les bases d'une collection Boch ou simplement s'y retrouver parmi cette masse de céramiques qui compte les décors par milliers et les formes par centaines !

Papier ou bois flotté

La peinture est toujours favorite avec plus de 160 huiles. On épinglera trois œuvres du peintre, lithographe et violoniste belge Roméo Dumoulin (1883-1944) dont l'art est volontiers rapproché de celui de Daumier par son sens de l'observation mais aussi par son humour cocasse et sa grande maîtrise du dessin. Ces qualités s'observent dans ses Sonneurs de cloches, une grande toile baignée de lumière où les acteurs, issus du peuple, sont représentés en pleine action (estimation 6.000/8.000 euros).

On remarquera également quatre peintures abstraites de Van Lint, un charmant tableau de Frans Smeers évoquant à force de pâte et de belles couleurs ensoleillées, les vacances à la mer ainsi qu'une huile sur toile du peintre d'origine russe André Lanskoy (1902-1976).

Formé à Saint-Pétersbourg, il rejoint Paris dans les années vingt où il découvre les œuvres de Van Gogh et Matisse et se lie d'amitié avec Soutine. D'abord figuratif, il se tourne ensuite vers l'abstraction. Celle-ci est marquée par une prédominance de la couleur sur la forme comme on le constate dans cette huile aux tonalités assez sombres : La joie s'enfuit, 1962 (estimation 30.000/40.000 euros).

On compte en outre quelques œuvres sur papier dont un dessin à l'encre du Français A. Lhotte (Paysage, estimation 800/ 1.200 euros), quelques aquarelles, des estampes avec deux lithos en couleur de Sonia Delaunay, une autre de Corneille et un chat énigmatique renfermant la philosophie dans son corps (lithographie avec éléments en relief appliqués, datée 1943, due à l'artiste franco-hongrois Anton Prinner et estimée 300/400 euros).

En sculpture, une attachante Jeune fille plongeant du sculpteur italien Tabacchi en marbre de Carrare (Torino, 1879, H 115 cm, estimation 12.000/ 15.000 euros) côtoie un étonnant couple de pélicans en bois flotté provenant de Madagascar, quelques bronzes chinois ainsi qu'une tête de jeune femme en ivoire de l'artiste belge Jeanne Tercafs.

Quelle diversité !

exposition le 11 novembre de 14 à 19 h ; le samedi 12 et dimanche 13 de 10 à 19 h.

www.horta.be


© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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