Athena mise sur l'inédit

EGGERICX,LAURE

Pour sa vente de décembre, la salle de la rue de Laeken propose quelques pièces originales : un paravent en églomisé de Max et Paule Ingrand, une huile presque abstraite de Schirren, des bijoux de Line Vautrin ainsi qu'une trenta

A côté des classiques pièces chinoises, ménagère Jensen, guéridons Gallé, tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles italiens et hollandais etc. – proposées par la Galerie Athena pour sa vente de décembre, certaines pièces sortent du lot.

maertens-guillain

Ainsi, cet ensemble de peintures du couple Maertens-Guillain dont on peut admirer deux carnets de croquis (au fusain, à la mine ou à la sanguine avec des paysages, des portraits ou des nus, traités au moyen de grandes hachures), des portraits et autoportraits, des intérieurs que l'on peut rapprocher de ceux d'un Thevenet. Après une période marquée par l'impressionnisme, Médard Maertens (1875-1946) se tourne vers le fauvisme avec son épouse Marthe Guillain (1890-1974) franchement plus expressionniste et expérimentale que lui avec des techniques mixtes et une œuvre qui fait penser à celle de Jean-Jacques Gailliard. Après leur séparation, Médard adopte un style plus sage, elle se lance dans l'abstrait. Les toiles proposées portent une estimation de 300 à 3.000 euros.

Schirren

Autre moment inattendu de la vacation, une Composition à l'huile de 1907 du maître aquarelliste fauve Ferdinand Schirren (1872-1944). Cette huile à la pâte généreuse et au rendu quasi abstrait fait penser à une nature morte. On y distingue les taches colorées des fleurs sur un fond beige marqué de traits courbes qui entraînent les motifs dans un mouvement circulaire. Elle est proposée autour des 20/30.000 euros.

ingrand

Hasard de calendrier ou calcul savant, cette huile de Schirren sort au moment où les Musées des beaux-arts de Belgique consacrent une exposition à cet artiste (lire p.45). Autre coïncidence de la vente, alors que l'hôtel Empain vient de retrouver de sa superbe, une œuvre des verriers Paule et Max Ingrand figure au palmarès d'Athena. Ces mêmes artistes sont les auteurs d'une étonnante verrière de l'hôtel de l'avenue Roosevelt. Aujourd'hui disparue, cette œuvre en glace aurée et gravée d'un raffinement extrême est décrite dans les ouvrages de l'époque. Ici, c'est d'un paravent à 5 panneaux dont il est question. Cet élément décoratif de toute beauté estimé 7/10.000 euros est typique de la production de l'atelier d'art parisien Paule & Max Ingrand, avec un jeu de lumière et de miroir, des figures stylisées dans un décor imaginaire aux paysages flammés agrémentés de fontaines et d'animaux fantastiques, dans les tons or bronze grisé selon des techniques qui sont demeurées à ce jour des secrets d'atelier. Ce couple d'artistes réalisa une grande part de ses créations dans le domaine sacré, pour les églises. Signalons aussi sa participation à la décoration du mythique paquebot transatlantique « Normandie ».

et vautrin

Côté bijoux, c'est également une surprise que de (re)découvrir les créations de Line Vautrin (1913-1997) : poudriers, boîtes, bijoux en bronze et talosel. La « poétesse du métal » est présente avec plusieurs pièces dont un collier en talosel, cette résine qu'elle inventa et combina avec de formidables couleurs et des miroirs (estimation 500 à 3.000 euros). Et, à côté de ces choix pointus, il y a assez de pièces plus sobres pour contenter d'autres goûts.


© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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