mercredi 07 décembre 2011, 12:49
L'antenne parisienne de la maison internationale avait consacré un catalogue aux vingt-quatre pièces provenant de la collection de Jean-Joseph Marquet de Vasselot (1871-1946), un ensemble qui avait surtout été réuni par son beau-père, Victor Prosper Martin Le Roy (1842-1918) au tournant du XXe siècle. Le mérite de Vasselot réside surtout dans l'étude des uvres dont il hérita.
Historien d'art, conservateur au Louvres, puis directeur du Musée de Cluny, « le » musée de l'art médiéval, Vasselot publia la collection de Martin Le Roy en cinq volumes, et ce afin de la mettre à disposition, à tout le moins sur papier, des chercheurs. Le Roy et Vasselot firent de nombreux dons qui ont considérablement enrichi les collections nationales françaises. Trois uvres majeures provenant de la collection ont récemment été acquises par le Musée du Louvre et par le Musée de Cluny, constituant la première application de la récente loi française du 20 juillet 2011 qui autorise les maisons de ventes aux enchères de pratiquer la vente de gré à gré.
Chef-d'uvre
Le groupe en ivoire sculpté représentant la vierge trônant avec l'Enfant sur ses genoux fut exécuté à Paris vers 1250-1280. Il mesure 37,8 centimètres de haut et est d'une qualité remarquable. Dix acheteurs du monde entier se le sont disputés. Déjà lors de sa création, cette sculpture ne pouvait qu'être réservée à une personnalité ou à une institution de premier plan. Selon la tradition, elle proviendrait de l'abbaye Saint-Michel à Frigolet, un centre religieux important en Provence, où elle aurait été confisquée pendant la Révolution française.
Rareté
Il est inutile d'insister longuement sur le caractère exceptionnel de cette uvre. Par contre, il est intéressant de constater qu'il n'existe plus que quelques pièces comparables en mains privées. En effet, la plupart de ces sculptures sont conservées dans des musées, d'où elles ne sortiront jamais. Comment dès lors estimer la valeur d'uvres aussi rares ? En proposant une estimation de un à deux millions d'euros, Christie's donnait le ton. Cette fourchette très large n'avait d'autre but que d'indiquer le prix minimum à payer, soit l'estimation basse ou 90 % de celle-ci. Quant à l'estimation haute, tout était permis. Les 6,3 millions d'euros déboursés in fine ne sont pas si extravagants lorsqu'on les compare avec les prix atteints par des uvres d'art de la seconde moitié du XXe siècle.
Quand on aime, on ne compte pas !
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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