Les symphonies de lumière de Marc Cavell

COLJON,CLAIRE

Jeux d'ombres et de transparences, les surfaces cinétiques lumineuses de l'artiste se découvrent au fil d'un très bel ouvrage, et d'une exposition à Anvers.

Hommage devait être rendu à ce créateur « qui a exposé dans le monde entier et ne figure dans aucun dictionnaire de peinture, l'injustice même », annoncent d'emblée les éditeurs de Marc Cavell – Light at work. A savoir, le tandem de 88 Gallery : Erik Müllendorff, membre de la Chambre royale des antiquaires de Belgique et de la Cinoa, et l'antiquaire français Philippe Rapin.

Sensibles au travail des designers américains, italiens, français et belges tels Jean Desprès, Ado Chale, Paul Evans, Philip Llyod , passionnés par les arts décoratifs du vingtième siècle, ils présentent dans leurs galeries, anversoise et londonienne, ou sur leur stand des Pavilion of Art & Design de New York et de Londres, des œuvres de Fontana Arte, d'élégantes pièces d'argenterie, puis les créations de résine de Pierre Giraudon, des fauteuils de Jacques Adnet ou encore des miroirs signés Fornasetti A ne pas rater à Anvers cet hiver, les tableaux en mouvement et les mobiles de Marc Cavell.

Parcours d'artiste

Né en Angleterre en 1911 dans une famille juive et baptisé Michaël Canter, Marc Cavell traversa les styles de l'art de peindre. « On note ainsi, successivement, des créations marquées d'influences cézanniennes, l'exploration des méthodes postcubistes sous l'influence d'Albert Gleizes, l'expérimentation de la matière avec des créations sur textiles et céramiques. C'est en 1950 qu'il découvre les possibilités artistiques de la lumière et du mouvement. »

De 1955 à 1968, l'artiste mène recherches et expérimentations qui le conduisent à l'art cinétique, célébrant la lumière, matière première de ses œuvres. Sous le regard du spectateur qui compose et recompose l'œuvre selon son déplacement et son angle de vision, ce sont des jeux d'ombres et de transparences, colorées ou monochromes. Sous la lumière, elles vibrent, se croisent et s'entrecroisent en de grandes fresques murales ou tableaux de taille modeste. Magique et fascinant !

Illusions,

peintures sculptées

Alors que le cercle des artistes parisiens reconnaît son talent, l'homme reste humble et se retire pour treize années de recherches en solitaire Les galeristes d'ajouter que « sa modestie innée » explique tant son refus d'exposer dans de prestigieuses galeries que son confinement volontaire dans son studio du Boulevard Saint-Jacques à Paris. Un caractère discret, doublé d'un comportement antisocial et irritable Ainsi, lors de son premier voyage aux Etats-Unis en 1978, il confiait : « Je ne voyage pas beaucoup, cela n'est pas dans mon caractère. Paris est une ville internationale et mes amis, qui vivent partout dans le monde, viennent me rendre visite. C'est un peu comme avoir le monde entier dans mon studio. »

Intransigeant de nature, Marc Cavell était consciemment reclus. Tellement replié sur lui-même qu'il est décédé dans une extrême solitude en 1989. Ironiquement, il semblait affecté par cette exclusion, pourtant volontaire

Quant à la dernière exposition – rétrospective – de Marc Cavell, elle remonte à 2007, quand, à Bruxelles, Pierre Bergé & Associés présentaient cinquante de ses œuvres sous l'intitulé « Marc Cavell : ombres et lumières ». Voici donc justice rendue à un artiste important.

« Marc Cavell – Light at work », édition 88 Gallery. La monographie est en vente à la galerie ou peut être commandée par courriel : info@88-gallery.com . Le prix de lancement est de 75 euros + 9 euros de frais d'envoi.


© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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