mercredi 22 février 2012, 15:50
Les uvres sur papier sont proportionnellement moins chères que les uvres à l'huile sur toile ou sur panneau. En effet, le médium est moins populaire, car il est plus fragile et suppose des mesures de conservations plus strictes : moins de lumière et un encadrement sans acide (cartons et autres contre-plaqué à prohiber absolument).
L'uvre sur papier est surtout plus discrète, avec des formats plus petits, un côté parfois moins fini, bref il s'agit de l'uvre destinée au véritable amateur qui, soit n'a pas la fortune suffisante pour s'intéresser aux autres uvres d'un artiste, soit apprécie la spontanéité du trait, le caractère souvent plus libre du dessin ou de l'aquarelle.
Enthousiasme mesuré
Le produit total de la vente de Christie's à Londres le 8 février dernier affiche un pourcentage de lots vendus de 76 %, ce qui reflète bien un enthousiasme mesuré pour le domaine. Cependant Christie's a obtenu un prix record en vente aux enchères pour un collage de Kurt Schwitters. L'uvre, qui date de 1921 a été acquise par un collectionneur qui souhaite conserver l'anonymat contre un peu plus d'un million d'euros, bien au-delà de son estimation de 100.000 à 150.000 livres sterling.
Le deuxième meilleur résultat de la vente a lui aussi dépassé les espérances. Il s'agit de l'Homme mélancolique avec sirène, une création d'Edvard Munch datée entre 1896 et 1902. Un collectionneur européen en est désormais le propriétaire contre un peu plus de 600.000 euros.
La Belgique représentée
Seuls deux de nos compatriotes étaient représentés dans cette vente, Fernand Khnopff et Théo Van Rysselberghe. Ils sont des habitués de ces sessions sur papier. Aucun des deux maîtres belges présents dans la vente de Christie's ne figure parmi les dix meilleurs résultats de la vente, mais ce n'est pas une surprise étant donné qu'il ne s'agissait pas d'uvres maîtresses. Les résultats sont néanmoins excellents : deux dessins de Khnopff proposés ont dépassé leur estimation haute. Dans la neige et Mélisande, furent respectivement payés 16.250 et 67.250 livres sterling. Un autoportrait de Théo Van Rysselberghe fut payé 38.400 livres, soit plus de dix fois son estimation basse.
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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