mercredi 22 février 2012, 15:50
En entrant dans la galerie Meessen De Clercq, le visiteur choisit la salle de gauche ou celle de droite. Le no man's land du couloir est l'endroit parfait pour découvrir tour à tour deux paysages, Between Vanishing Points. Partant de ces deux infinis, l'inclassable Fabrice Samyn (Bruxelles, 1981) investit toute la galerie installée dans la demeure érigée pour un médecin, en 1911.
En 2008, lors de l'ouverture de ce lieu dédié à l'art contemporain, Fabrice Samyn dévernissait des tableaux anciens pour créer des fenêtres de lumière. Depuis, les galeristes Olivier Meessen et Jan De Clercq historien d'art et économiste féru de stratégies internationales suivent assidûment son parcours, jusqu'à l'actuelle exposition individuelle où les jeux de miroir jouent à l'infini.
« Nous montrons ses travaux les plus récents, précise Jan De Clercq, en mettant l'accent sur 2010-2011, des années décisives. Il a remporté le prix du Solo Show à Art Brussels en 2010. Cela lui a offert une grande visibilité internationale. En 2011, il exposait en Allemagne, au Lehmbruck Museum de Duisburg ainsi qu'à la galerie Sie+Höcke de Düsseldorf. L'intérêt de cette galerie allemande nous permet d'élargir notre réseau : Fabrice Samyn est montré à Art Basel et Miami Beach, les deux plus grandes foires d'art contemporain ! Un excellent test pour un artiste. »
Combien ?
Collectionneurs belges mais aussi japonais, allemands ou américains reconnaissent ce travail parce qu'il touche à la peinture ancienne mais apporte ce « quelque chose » d'infiniment contemporain. Artiste du mystère du temps écoulé, Fabrice Samyn a cumulé les prix Médiatine et Godecharles en 2007. Il conjugue certes talent et motivation. « Dès le début de l'aventure, nous avons voulu un prix marquant le point où il se situait, entre 1.200 et 1.500 euros, explique Jan De Clercq. Pour le même format, c'est le double aujourd'hui. D'un point de vue économique, il faudrait optimaliser les prix. En art, le prix n'est pas plus juste. Samyn figure dans une série d'événements reconnus. Ce n'est pas parce qu'il est un peu coté en Belgique qu'on trouve cela normal en Grande-Bretagne. Sur le plan international, il s'oriente vers 5.000 dollars. Le prix d'une uvre s'établit en collaboration avec l'artiste qui pense coût de production, temps consacré etc. Cela n'entre pas en considération sur le marché de l'art qui raisonne en termes d'époque, sujet, taille de l'uvre, réputation. »
Les lieux clés
Dans un monde globalisé, Art Basel, Miami Beach, Frieze, la Fiac, sont les lieux clés où un artiste doit être présent. La foire d'art contemporain Arco, à Madrid où la galerie Meessen De Clercq présentait ses artistes le week-end dernier puis Art Brussels en avril, tiennent le haut du pavé de proximité.
« La crédibilité d'un artiste peut se forger très vite, conclut le galeriste. Chaque foire est un choix stratégique en même temps qu'un investissement financier. Les musées belges ne sont pas suffisamment présents, mais on tente de motiver leur intérêt. Outre les collectionneurs privés, des Fondations, des banques s'intéressent à son travail. »
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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